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la vie, sa poésie, malgré tout, car la beauté d'aimer.

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8h le volet se lève, et presque en retard déjà pas trop de temps à perdre, pour aller la cueillir la vie dans son lever,

une orange, deux yahourts, une tranche de pain norvégien aux fruits, un thé, puis un autre, les chênes sont grands encore là, toujours là, et  c'est bien,

un petit pot des narcisses de amis reçus il y a quinze jours, une troisième invitation est lancée, il était temps, après ces neuf bouts d'années ici, après nos partages dans le salon de thé, sur le trottoir, en se croisant, comme çà,

puis un thé blanc, le journal, le laisser couler tendre doux presque un peu trop mélancolique,

des rappels en souvenirs cette nuit,

un décès chamboule, déboule, met en lumières des souvenirs, c'est bon de se laisser aller à regarder ce cinéma intérieur, qui glisse des missives, des lumières,

un mois et demi après, je sais bien que je ne suis plus celle d'avant le deuil, tant de mises en lumières, tant de chocs inutiles, mon deuil peut cette fois prendre sa belle place, la douleur de l'être aimé, l'arrachement, pour ce midi, je me sens triste, fort triste, et ma solitude m'aide et me remplit de capacités de *levivre ce deuil, un repas en extérieur, seule, dans du bruit, de mots, de musique, presque incommodée par tant de vie, dérangée par tout cela,

et puis le petit bois au retour illumine, avant de repartir tout à l'heure,

le sourire sur le minois de la toto nettoyée de bien trop lourds, comme elle aime s'émerveiller encore et encore, par les beautés, les bontés, en amour,

-

et puis comme je ne souhaite considérer et aimer que mon propre deuil d'enfant pour une mère, j'ai évacué toute capacité d'entendre celui d'un conjoint gai d'enfin faire comme il veut...

alors dis, c'est çà le monde, c'est penser enterrer le vivant pour *levivre libre son temps,

mais quelle horreur cette vie là,

-

quand la respire si facile dans le moindre souffle, la moindre intonation belle tendre d'une bise jolie, d'un éclat du soleil, d'un bruit d'un oiseau sur sa branche, de l'assourdissant d'un escargot qui trottine,

et comme c'est bon, après un mois et demi, de ne pas ressentir le besoin d'un lieu, d'une plaque, d'un monument pour y glisser mes respirations aimantes,

ma mère tu es décédée, et morte tes restes sont vivants, que j'en oublie tes cendres, ce choc me semble loin,

je ne retournerai plus près des petits arbustes, rttegarder ce sol de pelouse, et revivre cet irréel du 10 Février,

j'ai vécu avec toi des années, puis à distance de kilomètres des années,

arrive ce temps à avancer ensemble d'une autre façon pas terrestre, et c'est bien beau.

-

et ton visage du 10 Février a déjà disparu, il faudrait que je fasse des efforts pour le retrouver dans mon album de vie, mon âme me projette parfois des images fort belles, tes traits détendus souriants, et comme tu es jolie, maman.

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