la vie, sa poésie, malgré tout, car la beauté d'aimer.
C'est bon de regarder doucement le soir tomber son noir, tranquillement les lampes des oiseaux s'éteignent, le silence, le vide, se savoir là, tout simplement de son vivant, la main touche le pouls, il palpite son doux, et c'est bon, le petit corps se trémousse ses épaules, un frisson de bien être, le noir est dehors, la lumière est dedans, la machine à laver tourne ses linges en bas, le nid de petites hirondelles dort déjà, le paillasson garde les traces de leurs existences, cela roucoule de doux,
un bras s'avance un peu plus et saisit une onde d'inutiles, être vivant c'est déjà pas si mal, la tête se niche le dossier, un baillement, de l'ennui avec soi peut être, pourtant le corps habité des aimés sourit,
de ses belles grâces de vie,
la fatigue a laissé place à une soirée qui baille son tendre, d'un souffle joli, les doigts clapotent l'air du temps, le bruit ravit, réveille les douces mélancolies,
le temps avance, chaque fois que je l'entends au téléphone, sa faible voix, toute sa fragilité de son âge, cela m'émeut si fort, la vie est son bizarre quand on est loin des proches, pour qui les jours sont comptés chaque jour un peu plus.
Une vie, des vies, chacun il a sa vie, et le partage rompt la distance un court son temps, avant de retomber dans son soi vide ou son plein, selon l'instant,
la vie se passe, et quand le calme, et quand tendresses, et quand l'amour, et quand le partage, c'est de La Paix qui donne à vivre un beau bout de temps.
La matière d'une vie, cela se délaye, cela se durcit, cela se fond, cela bouge sans cesse, un oasis, du flou, de son palpable, la chair se touche, l'esprit se vit. C'est vraiment un mystère la vie, que cette bougeaille de ces doigts là, de ces yeux ouverts vers le noir, de cette oreille attendrie par la petite fontaine qui glougloutte, de cette odeur de paix intense dans le séjour, de ce palais qui déglutit la salive se respire, c'est vraiment quelque chose de vivre, c'est à se mettre assis devant soi et de se savourer en vie, ses respires, sa tête comme çà, posée là, sur le mou de la petite banquette de l'Ouest,
de l'Ouest,
et quel parcours depuis la vie du Nord, que l'oeil se frotte il n'en revient toujours pas de palpiter son sang en veines,
Ici, Là en tout Là, d'un je vous aime délicat et profond.