la vie, sa poésie, malgré tout, car la beauté d'aimer.
Il est 7 H 45, et voilà qu'il me crie, quand tu montes?, le jeune homme autiste, je termine ma seconde moitié de café tranquillement!
et je monte, et mine rien, je le vois, habillé dans sa chambre, lui lance, un bon petit déjeuner! et je regarde des belles images, lis des beaux textes, paisible,
puis il remonte, c'est exceptionnel, si à la bourre en descendant à 8 H...
il est venu chercher la tasse vide de café que j'ai terminé d'apprécier en haut,
il est calme, serein, je respire, expire, inspire, remercie ce matin, puis la Toto sa laisse sortir du garage,
il suffirait qu'il aille dans des temps normaux pour se brosser les dents, sortir de la cuisine, pour que nous soyons bien à l'avance,
et puis, le brossage se brosse, et se rebrosse de se brosser, et la montre se met, et il dit bien que 8 H 15, le déjeuner est fini, à 8H 20, les chaussures,
mais le temps passe, et il piétine sa jolie envie d'y arriver,
il faut être encore, si peu, et tellement, en guidances silencieuses ou parlantes, pour le mener dans son temps à ne pas louper,
mais juste quelques minutes essoufflées, c'est peu, c'est rien, c'est à travailler encore,
La Toto part au ralenti, se gare devant la navette, là il discute deux minutes, le bus fait des appels de phares au jeune homme pas pressé, et la Toto repart fait un grand bonjour avec sa main, vers la dame de la maison devant laquelle elle se gare tous les matins, elle l'a invitée pour un café la semaine prochaine,
et la pente se remonte, gaie, calme, les petits poumons se gonflent d'air et soufflent, c'est bon.
Le téléphone se décroche pour appeler de la vie, deux voix, des bels partages,
la vie à se donner ses bouts de soi, à se vivre, le ressentir si fort, d'être en vie!