Le sommeil se laisse faire, il se laisse dormir, fort lontemps, et quand il se réveille, il entend craquoter la glace sous les pneus d'une voiture, il gèle encore dehors, et le petit coeur se demande si de la neige encore, ou des givres, ou du soleil,
le pas se pose, tout chose, il court à la fenêtre, remonte le store du tant, qui laisse entrer une vive lumière, si belle, si grande, le petit être se vibre, comme c'est beau, un ciel, quand il se vit si haut.
Les yeux mettent les lunettes pour voir plus près encore, de la glace sur la gauche, sur ce côté Nord de ce quartier de maisons, et sur la droite, un sol de fabriqué, bitume, pas un flocon, pas un pétillant de glace,
le soleil est,
Aujourd'hui,
le ciel est bleu, coeur apaisé, le petit être soufle, doucement, il se saisit son petit temps en grignoteur de vie, et déjà délicat, le pas vers le bas, le petit ronflant d'appoint se laisse allumer, la chaudière qui a ronronné toute la nuit est douce et paisible, le café se moud, l'odeur, la cuillère dans le filtre, et l'eau elle passe, son cours de petit matin, de soie, dans une jolie étoffe tendre, du pain aux amandes en gourmande, un peu de beurre, devant les plantes, devant l'Ouest tout dedans, le ciel est d'un bleu tout bleu,
comme c'est bon la lumière,
Aujourd'hui.
A ce midi, l'épaisse couche de glace tient encore, vers la gauche, les voitures papillent,
l'hiver arrive,
dans un ciel de printemps.
Aujourd'hui.