la vie, sa poésie, malgré tout, car la beauté d'aimer.
Le sac d'osier coupe son moteur, et se respire, nous y vois là, Là. Il clopine ses petits pas d'emplettes de sa cargaison de sachets de graines, un sac de terreau au bout des doigts étonnés de porter autant, et, la clé l'ouvre, les bottes se silencent, si doux pélerinage, et déjà tous les chants d'oiseaux, tout de vrai du plus vrai que dans la bouche de la toto qui s'égosille leurs poumons, avec les touches d'un piano son élégant. La petite allée se prend, et le voilà de suite, c'est le premier à gauche, Elle, sa incommensurable chef d'entreprise, là voilà qui admire son immense labo potager, comme elle l'aime. Elle baisse le dos, conquise, alentour des cent pissenlits, pâquerettes, boutons d'or pour son nez jaune, et des carrés si propres qu'elle se dit que si net si propre si fin de fin c'est pas son truc, vivra verra...
il se pose sur des grandes herbes si hautes de leurs mois mouillés, et déjà ils complotent des rêves, des histoires folles, des baisers d'amour, tout au bout la cabane avec ses pépites adorés, elle bouscule un peu des piquets dans le coin, à elle, et retrouve le binette, un manche de râteau lui cogne le tête et lui sourit, on rit,
mais c'est pas de la rigolade, quoique, un tel deux heures si avec *levivre en plein dedans, en plein dans le haut, par tout...
dommage d'enlever des pissenlits mais pour les graines musicales, elle cède...
et voilà qu'un petit bout propret, moins chouette son propre que les autres là bas, mais c'est déjà pas mal, en vite satisfaite, de remuer sa terre prêtée, et puis les graines de petits pois, celles des radis, du persil, deux dalhias, deux arômes,
elle a son palpitant heureux, elle pensait ne pas trouver la force, et les voilà multipliées...elle apprécie sa petite allée, image son potager dans un bout de terre, l'imagine ses grâces de récoltes, pour le moment elles sont des sachets mis en terre, pas tout, son petit bout est si petit...
elle transpire, a chaud, en ce début Avril précieux, de miracles d'efforts faits, elle est simplement là, qui le sait? personne! et c'est bien mieux ainsi! seule sait où elle est en cet instant de *levivre!
les sachets encore pleins retrouvent leur écrin dans l'osier tout son chaud, la binette se range, les gants se suspendent le râteau, comme c'est beau de bon, Là, elle aime...
et puis, les pieds longent les potagers de terre des salades, des pensées, c'est bon, un iris...
La Toto elle se démarre, les oiseaux se mettent en gosiers de plumes, et la voilà partie vers little home à une minute en Toto...
ce soir les graines savourent le ciel d'ici, leur première nuit, ce soir ma mère déteste sa dernière nuit chez eux, elle est attendue à l'hôpital demain à 9H, elle n'en peut plus, et au delà de l'épuisement, de tant souffrir, et des nausées de morphine...
*Levivre, ses nuits, ses jours, ses réveils, ses *levivre, ses *lesouffrir, ses*ledeuiller, c'est des émotions vives si vives que *levivre...