la vie, sa poésie, malgré tout, car la beauté d'aimer.
L'autisme reste à mes yeux, une sacrée leçon d'humilité. Un week pour lui, tellement, et même si la dernière formation en autisme, des bouillonnements en intérieur, vers cela, vers ci, que dire, est ce que je vois juste? Impossible de savoir, je ne sais pas, si peu, juste que ce soir en bel épanoui pour lui lorsqu'il rejoint le foyer d'hébergement,
ma gorge se serre encore, je ne m'y habitue pas, si au moins j'avais trente ans de moins...car même si l'énergie forte ces jours ci, même si la joie d'avoir été entendue, même si des espérances,
mon corps de terre se souhaiterait au moins vingt sept ans de moins, pour les aimer et les chérir et les accompagner en soutien d'écoutes, mes trois enfants, vingt sept ans de plus, peut être...et d'autres seuls, sans parents...
ces deux derniers jours, mon fils de vrai de réel, sa soeur aînée au téléphone, proche, sa soeur jumelle aussi, proche mes sens, et mon père, ma mère qui peine ses quatre vingt quatre ans, en lucide,
et quels bonheurs et chagrins d'exister avec eux, les entendre, et alentour, extérieur, partager du sourire pur, de l'attention, de regarder la mer, les mouettes, les bâteaux, un thé, un autre, de lire des mots,
j'ai le tournis ce soir, ma vie si remuée, malgré moi,
l'amaryllis d'une telle beauté au fond du séjour m'éblouit pas son immobilisme, les orchidées roses et blanches, des jolies, le bouquet violet se barbote silence dans le grand vase, pas un bruit, je me ressource seule, et c'est presque bien...