Le durcissement incessant des conditions de séjour a artificiellement multiplié le nombre de sans papiers. La course aux records pour les expulser a atteint de nouveaux sommets sous l'impulsion de Claude Guéant
Expulsions : le coût exorbitant d'une politique inhumaine et inutile.
Le Sénat a estimé qu'une expulsion coûtait 20 970 euros en moyenne.
–> En 2011, l'objectif est d'expulser 30 000 sans-papiers soit un coût de 630 millions d'euros en 2011 !
= c’est plus que le budget annuel de la politique de la ville en France !
Depuis 2007, entre 28 000 et 30 000 sans-papiers sont expulsés chaque année.
–> Sur 5 ans, la politique d'expulsion de Sarkozy aura donc coûté plus de 3 milliards d'euros (5 ans x 600 millions/an) !
On estime que pour expulser 30 000 sans papiers par an il faut 10 000 à 15 000 postes de fonctionnaires (en équivalent temps plein).
–> Cela pourrait correspondre à autant d'enseignants ou d'infirmières, ou même de policiers et magistrats affectés à d'autres tâches.
La volonté absurde de réduire l'immigration légale
Claude Guéant s'en prend désormais à l'immigration régulière dont il veut restreindre les possibilités. Il veut réduire de 10% le nombre de titres de séjour accordés, soit 180 000 titres en moins chaque année. L'immigration régulière résulte pourtant principalement de droits fondamentaux : droit d'avoir une vie familiale normale grâce au regroupement familial et droit pour les personnes persécutées d'obtenir l'asile.
Loin des équations mensongères de Guéant et du FN liant immigration et chômage, il faut sans cesse rappeler que la France tire un bénéfice économique important de l'immigration.
Un étude de Xavier Chojnicki de l'université de Lille 2 a montré que les immigrés "coûtent" 48 milliards d'euros par an en dépenses de dépenses sociales et publiques (éducation comprise) et "rapportent" plus de 60 milliards d'euros en cotisations et impôts.
–> L'immigration rapporte donc 12 milliards d'euros par an au pays.
Etudiants étrangers : une circulaire contre l'attractivité du pays
Cette année, il y a près de 280 000 étudiants étrangers en France (environ 10% des étudiants). La France est ainsi le 3e pays d’accueil après les Etats-Unis et le Royaume-Unis. C'est un atout important pour l'université et la recherche françaises.
Une circulaire a été signée sur ce sujet le 31 mai 2011 par Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, et Xavier Bertrand, ministre du Travail adressée aux préfets de région et de département. L’objet indiqué sur la circulaire est : « maîtrise de l’immigration professionnelle ». La circulaire demande aux préfets plus de « rigueur » dans l’étude des dossiers permettant le passage d’un visa étudiant à un visa de salarié. Libération du 29 novembre a révélé que des quotas officieux auraient été communiqués à certaines préfectures dans l’octroi du statut de salarié aux étudiants étrangers. Or, selon la législation les demandes doivent être traitées de manière individuelle. A Paris, l’objectif fixé aurait été de limiter les réponses positives à 50%.
L’ensemble des partis de gauche se sont exprimés contre cette circulaire aberrante. A droite aussi des voix se sont fait entendre pour critiquer l’application de la circulaire, notamment les ministres Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse qui y ont vu un danger pour l'attractivité des universités et les programmes de recherche du pays. La communauté éducative se prononce également contre la Circulaire Guéant notamment le président de la Conférence des grandes écoles ou encore la Conférence des présidents d’universités. Pierre Tapie, directeur de l’ESSEC et président de la Conférence des grandes écoles a ainsi déclaré : « Un petit coup a été porté à la réputation de la France [ …]. Du mal a été fait durant les trois mois clés où les étudiants décident où ils vont aller poursuivre leurs études. Et lorsqu’il y a un endroit à risque et un autre sans risque, ils choisissent le second ».
Si les étudiants étrangers ne peuvent plus obtenir une première expérience professionnelle en France, ils ne viendront plus étudier en France. Accueillir des étudiants étrangers est un signe de l’excellence de notre système de formation. Des situations personnelles difficiles : le Collectif du 31 mai (créé par des étudiants étrangers) a étudié 500 dossiers transmis au ministère : 60 réponses positives, une centaine de refus et une centaine d’OQTF.
Des étudiants étrangers racontent comment ils ont été obligés de frauder en redemandant un visa étudiant pour être embauchés en tant que stagiaire alors qu’on leur proposait un CDI.
La France n'aurait pas eu le Prix Nobel de médecine cette année, si son titulaire Jules Hoffmann n'avait pu débuté sa carrière comme étudiant étranger en France avant d’être naturalisé.
Le programme l’Humain d’abord pour l'accueil des étudiants étrangers
« Pour l’enseignement supérieur et la recherche, nous engagerons rapidement la reconstruction du service public dans ses missions prioritaires […] pour l’accueil des étudiants étrangers qui le souhaitent dans une vision non marchande de contribution au développement et à la coopération entre les peuples ».
Mardi 29 novembre 2011, l'UMP a présenté son projet 2012 pour l'immigration et la nationalité. La convention "rassemblement" porte en fait un projet de division. L'UMP propose :
- La création de deux catégories de Français :
- Fin de l'obtention automatique de la nationalité à 18 ans pour les enfants né en France de parents étrangers. L'UMP veut une "expression de la volonté"
- Application aux naturalisés des obligations liées au regroupement familial, qui concerne les étrangers en situation régulière
- Durcissement de la politique contre les migrants :
- Augmentation du nombre de reconduites à la frontière
- Durcissement des conditions du regroupement familial
L'UMP refuse aussi le droit de vote des étrangers. Comme Sarkozy désormais. Pourtant, le 25/10/2005, dans Le Monde, il y était favorable "A titre personnel" pour "les étrangers en situation régulière, qui travaillent, paient des impôts et résident depuis au moins dix ans"
Propositions du Front de Gauche sur l'immigration :
"L'immigration n'est pas un problème"
Arrêter la chasse aux sans-papiers :
- "nous régulariserons les sans-papiers"
- décriminaliser le séjour irrégulier et l'aide au séjour irrégulier
- fermer les centres de rétention
- abroger les lois successives sur l'immigration depuis 2002
- rétablir la carte unique de séjour de 10 ans
- rétablir le droit au regroupement familial
- rétablir le droit au séjour pour raison médicale
- respecter le droit d'asile et le déconnecter des politiques migratoires
Pour la refondation d'un nouveau Code de la nationalité basé sur :
- le respect intégral et automatique du droit des sol dès la naissance
- un droit à la naturalisation au-delà de 5 ans de résidence.
Sur l'éligibilité : le programme n'en parle pas, le PG est pour. L'accord PS-EELV propose aussi l'éligibilité.