la vie, sa poésie, malgré tout, car la beauté d'aimer.
La Toto se grelotte un peu même si encore dix huit degrés dans ses cinq heures leur trente, elle rentre dans le parc, son immense allée d'arbres, des bâtiments disséminés, un peu partout, et puis, le chemin qui se tourne, l'ancien maison du fils d'un comte, une vieille église,
et puis, un homme marche, en voilà un second, puis un troisième entouré de deux infirmiers, le coeur tressaute, c'est dur de douloureux, un hôpital déjà, pour sa misère physique, ici c'est le cerveau qui se souffre en maux forts,
la Toto elle a mal, mais elle poursuit sa route, prend de l'air de son frais, gigote son potage frais pour ce soir son tout chaud, elle se gare et sort vite, de l'air, de l'air, en corps, des murs tous neufs tous beaux, c'est déjà tellement que l'aile ouest pour lui,
son fils autiste de vingt cinq ans,
elle se secoue la tête, tout cela est bien réel, elle y est, elle avance...
le couloir, la sonnette, il est dans le couloir, détendu, semble bien, juste revenu de la sacat,
elle rentre, une infirmière, quelques news, les dernières, cela va bien, même fort bien, à le voir,
puis on en salue d'autres, chacun, a tant sa peine, tout au fond de son lui, et est là pour des soins, et comme cela secoue de douleurs si vives...
puis on va dans sa chambre, une carte à se lire, et puis à l'écouter, tant de choses à me dire, il va bien, est présent, pas ko, pas drogué bien plus que le nécessaire, il compte ses trois dernières nuits, vivement qu'il soit re-libre,
c'est beaucoup d'émotions, à la pelle, en charette, tellement, tellement de vie à la saisir sa vive,
ô si seulement, ô que ce serait le dernier épisode de tel passage ici, ce lieu c'est pour en repartir, vite dès que les soins donnés, c'est pas un lieu pour vivre, même si tout est propre, que le repas sent bon, tous les malades se soignent, comme c'est difficile de tels passages de vie. Demain fort heureusement, il ira en esat sacat, ses repères, ses habitudes, ses collègues, des animations, de la vie. C'est que dans sa tête d'autiste, ne rien faire, le guide vers des obsessions, la rêverie impossible, l'imaginaire ininaginable, il reste juste possible le vécu dans son jus, la routine, et le plus de plaisirs possibles, dès qu'un plaisir il aime. C'est vraiment incroyable qu'une bulle d'autiste, qui renferme, séquestre, l'être, empêche la vie au dehors, multisens, mais c'est ainsi de vie, et quand la bulle s'ouvre, son petit peu, c'est Tellement, que ses belles pistes de vie.
Un aurevoir, il valide ma visite de demain, et revalide encore...et le verrou se ferme sur ce passage de vie.