la vie, sa poésie, malgré tout, car la beauté d'aimer.
Avant d'aller à l'hôpital, mon père au téléphone, il me dit que depuis quatre semaines, il se débrouille, puisque depuis tant de mois, il a appris à gérer beaucoup,
il me dit qu'il commence à récupérer, que le week end dernier, ils ont pensé que ce week son dernier week à ma mère,
il me dit qu'ils ont beaucoup parlé, qu'il est prêt, qu'il aurait été beaucoup plus choqué par une mort d'un coup d'un seul, sans prévenir,
mais comme c'est dur tout cela,
je ressens tellement différemment, je souffre de voir ma mère en attente de sérénité, de paix, de délivrance, sa voix a changé, son intonation est différente, ses propos bougent aussi, c'est bouleversant tout cela,
pour le moment je n'ai que sa voix qui me pénètre, dans une semaine, je la verrai et les dimensions du réel seront tellement effroyables,
je ne pensais pas que vieillir et se mourir petit à petit, et avec le courage qu'elle a, sa pensée restée si longtemps si digne de diminuer un peu plus chaque jour de souhaiter se débrouiller seule avec des incommensurables efforts,
je reprends mon souffle, mon coeur bat,
ma vie est en moi, celles de beaucoup d'aimés aussi,
des larmes derrière les yeux, dans le nez,
Noël 2016, encore bien plus en amours en pleines consciences qu'aimer ses proches est une chance de vie, de les soutenir dedans les épreuves, et peu importe si ils ont été là ou moins là ou pas là, la rancune est inutile dévastatrice, cela reste meilleur de pardonner d'accueillir l'être tout devant tel qu'il est en forces et faiblesses, comme la vie l'a sculptée,
c'est que c'est une sacrée artiste la vie, elle peut en faire voir de tant de couleurs de tant de vécus et chacun est respectable, bien avant ce que la vie l'a fait devenir.
Chacun fait comme il peut en son âme et conscience,
c'est bon de se savoir tant de fautes, de faiblesses, de machins trucs ratés,
c'est bon de les voir ses erreurs, avec tendresses,
c'est bon de s'aimer, d'aimer encore et encore,
c'est bon d'aimer aimer, même si on peut tant souffrir d'accueillir les proximités pas choisies.
c'est bon de se regarder dans le miroir et se dire, *j'aime aimer! et alors... cela dérange certains?
c'est bon au fil du temps de se ressentir moins naïve, un peu plus éclairée, prudente.
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L'idéal n'existant pas, c'est bon de vivre le présent dans l'intensité qui fait du bien.