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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 16:54

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La vie est un miracle qui coûte C Bobin
La douce lumière de Bobin

Blanche, paisible, étale, une lumière douce monte de sa prose. Sa prose qui songe, se miroite, semble avoir pris le deuil des choses pour mieux les voir. Le silence et le vide sont perchés sur son épaule, avec des hémorragies de silence dans la parole, pour lui qui dit : « La joie va toujours avec la frayeur, les livres vont toujours avec le deuil. »

Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge.

Très peu de vraies paroles s'échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. Peut-être n'ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre.

Simple phrase où Bobin ajoute cette paraphrase de la Bible « l'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière ».

Les mots de Bobin sont faits de rosée, de bonté, de douleurs aussi, il est difficile de s'en approcher sans briser un mystère. L'enchantement d'un simple, de « l'idiot de tous les villages ». Il écrit à quelques mots du silence, avec ses histoires d'enfants, des aphorismes aveuglants, des comptines, des pays d'enfance retrouvée en larmes.

Et il touche à l'essentiel. « L'écriture c'est le cœur qui éclate en silence.»

Nous sommes à un niveau de pureté, ou curieusement les mots ont encore cours et ces mots s'enroulent comme du lierre autour de l'âme. Ce sédentaire endurci aura voyagé autour de sa chambre. Il va vers les contrées de la pureté.

Je suis fou de pureté. Je suis fou de cette pureté qui n'a rien à voir avec une morale, qui est la vie dans son atome élémentaire, le fait simple et pauvre d'être pour chacun au bord des eaux de sa mort noire et d'y attendre seul, infiniment seul, éternellement seul.

Bobin tente de retrouver « le royaume où l'adulte et l'enfant vont d'un même pas, d'un même sourire ».

Abandon, générosité, absence et amour, tout cela finit par sourdre de ses livres, « boîtes à musique remplies d'encre ».

Ce qui ne peut danser au bord des lèvres, s'en va hurler au fond de l'âme.
Alors il dit et laisse la vie mener sa vie, il est proche et il s'éloigne, sur le chemin des fous, des saints, des enfants.

Souvent chez Christian Bobin le mot amour s'entend solitude car le mot amour ne se dit pas.

La pensée de Bobin a la force et les limites des herbes simples, mais l'évidence de ses mots est révélation.

L'infini est en lui comme chez lui. Parfois un journal de celle qui est morte, Geai ou l'autre et qui le hante :
«Geai était morte depuis deux mille trois cent quarante-deux jours quand elle commença à sourire. Ce sourire, au début, personne pour le voir. Que deviennent les choses que personne ne voit ? Elles grandissent. Tout ce qui grandit, grandit dans l'invisible et prend, avec le temps, de plus en plus de force, de plus en plus de place. Donc le sourire de Geai, noyée depuis deux mille trois cent quarante-deux jours dans le lac de Saint-Sixte, en Isère, commença à donner de plus en plus de lumière. »
Alors il parle doucement.

Ce n'est pas un journal que je tiens, c'est un feu que j'allume dans le noir. Ce n'est pas un feu que j'allume dans le noir, c'est un animal que je nourris. Ce n'est pas un animal que je nourris, c'est le sang que j'écoute à mes tempes, comme il bat - un volet ensauvagé contre le mur d'une petite maison.

Il est pour lui des morts qui donnent de la lumière, il est pour lui des présences plus fortes que l'oubli, et qui vous laissent dans cette grâce de la solitude où Bobin se tapit. Parmi les gens du Creusot, parmi l'encre et le vin. Tel un chat noir de l'habitude, il attend au bout de son septième étage, moustache dorénavant rasée, que le vent entre, ou une fleur, allongé des heures durant. Dolent, triste, il attend d'avoir la même légèreté que l'oiseau qu'il regarde longuement par sa fenêtre.

Que fait Bobin sinon « attendre le passage de Dieu ou d'un insecte, ou de rien ».

Il regarde le lilas maintenant, puis un petit nuage blanc dans le ciel bleu. Il a un regard d’enfant. Il connaît la limite de l'écriture. « Un livre, c'est un échec. Un amour, c'est une fuite. Nous ne pouvons entreprendre que de biais, nous ne pouvons vivre que de profil. Nous ne sommes jamais où nous croyons être. Notre désir est voué à l'errance. Notre volonté est sans poids. Parfois quand même, on approche quelque chose. Parfois quand même on reçoit des nouvelles de l'éternel. Le battement des lumières sur un visage. La tombée de la foudre dans une encre.»

Il sait qu' « aimer quelqu'un c'est vouloir se pencher sur sa solitude, sans vouloir ni la comprendre, ni l'accompagner ».

Les histoires de Christian Bobin

Vouloir trop rendre compte des mots de Bobin est lourdeur, car il a la fragilité colorée des ailes de papillon. Simplement, lisez Bobin, l'enchantement d'un simple dont la fable à vous dire sera celle-ci :

Un homme arrive au paradis. Il demande à un ange, à son ange, de lui montrer le chemin qu'ont dessiné ses pas sur terre, par curiosité.

Par enfantin désir de voir et de savoir.

Rien de plus simple, dit l'ange.

L'homme contemple la trace de ses pas sur cette terre, depuis son enfance jusqu'à son dernier souffle.

Quelque chose l'étonne parfois, il n'y a plus de traces.

Parfois, le chemin s'interrompt et ne reprend que bien plus loin.

L'ange dit alors parfois votre vie était trop lourde pour que vous puissiez la

porter. Je vous prenais donc dans mes bras, jusqu'au jour suivant où la joie vous revenait, et alors vous repreniez votre chemin.

Souvent Bobin nous prend dans ses bras, et le chemin redevient possible.

Un autre conte encore :

Il était une fois une souris qui vivait avec ses petits dans une vaste maison, elle avait bien sûr souffert et souffert de solitude et d'abandon mais maintenant les tourments s’étaient calmés, et cette joie immense de ramener des morceaux à manger et surtout des jouets pour ses petits la faisait vivre et vivre.

Ce jour comme tous les dimanches elle quitta son trou car les maîtres de la maison sortaient à la messe et à la campagne. Alors elle traversa le salon pour atteindre la cuisine, et là surprise et merveille : des morceaux de fromage et des bobines de fil pour les jeux de ses enfants. Puis elle revient vers sa tanière.

C’est alors qu’elle le vit, lui énorme, immense et noir, lui le gros chat noir, juste au milieu du salon entre la cuisine et son refuge. Elle n’osait plus respirer attendant la mort. Un long silence et rien. Elle rouvrit les yeux et se dit : il dort sans doute. Elle longe alors les murs lentement sans lâcher ses trophées.

Doucement, doucement. Toujours rien et là du bout du pied elle reconnaît son trou et les cris des souriceaux. Encore quelques pas elle sera sauvée. Rien toujours alors elle lance ses cadeaux dans le trou, les enfants glapissent de joie. C’est alors qu’elle l’entendit, lui le chat noir.

Sa voix roulait le long des murs et il disait : douce dame ne croyez pas que je sois là par hasard, tous les dimanches je vous guette et vous regarde, je vous sens et vous respire. Madame je vous aime. C’est elle qui ne bouge plus.

Un très grand silence tombe, puis lentement à reculons après avoir jeté un dernier regard sur ses souriceaux, lentement très lentement, elle revient vers le chat noir. Maintenant elle peut le sentir contre elle. Alors elle ferme les yeux et dit d’une voix fluette : chat, grand chat noir, faites ce que vous avez à faire, mais faites le vite.

Ce conte adapté de Kafka je l’ai entendu de la bouche de Bobin.

Le jour de notre mort traverse chaque jour de notre vie comme une eau sombre dans l'eau limpide, mais nous sommes trop agités pour le voir et saluer comme il convient notre proche disparition dans toutes les présences du monde.

Ainsi tournent ses pages, et les jours.

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 16:45

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c'est bon de retrouver les forces de sa tête, de belles énergies, des luttes à mener qui redeviennent accessibles en actes,

il suffit d'avoir du courage, et les repose de tête permettent de puiser ce sacré courage,

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le courage de vivre

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je me suis fait peur en étant si désespérée, et de visualiser que bien plus que des soutiens alentour, j'ai bien plus reçu des flèches empoisonnées,

mais comme quoi, il suffit parfois de quelques mains posées sur notre épaule, pour repartir en quête de vie, plus encore....

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 10:14

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Le temps passe, et la distance allège les pesanteurs si lourdes,

l'oeil se retourne, regarde le chemin parcouru ces dernières semaines,

le rebondissement murmure des ondes gentilles,

le soleil dehors brille, un baillement un autre, l'épuisement s'éloigne,

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la France cette inhumaine qui délaisse les fragiles, les faibles, les malades,

c'est impossible à digérer, car c'est inacceptable,

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et pourtant, il faut bien encore vivre, puisque *levivre tient,

et se roucouler de vivre, plutôt que de se mourir,

et quand on a envie de transmettre les meilleurs, des espoirs vrais,

et de la vie, de la vie, de la vie...que de la vie en vie d'envies.

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 09:12

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Garder en tout dedans, les meilleurs de *levivre,

se véhiculer en dedans pour ses meilleurs vivants,

happer en extérieur des belles matières jolies,

se laisser envahir par le bon, et le beau,

c'est un sacré défi quand on vit en autisme,

dans un destin plus compliqué,

et pourtant, le sens de vivre c'est vivre,

alors que *levivre l'emporte,

par ses riens, ses beaucoup qui donnent force à l'âme,

d'avancer son *encore, son soi ses valeurs propres,

et en restant au plus près de ses aspirations,

se vivre son vivant se palpites ses pétilles,

en lenteur dynamique son parsemé de fleurs,

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le Printemps c'est quand même une saison si belle,

la vie qui se renaît mais comme c'est magique.

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 09:10

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La vie ses mutations, après se passages obligés,

s'adapter pour le meilleur possible, est une survie,

sans cesse se renouveler, dire stop, ou en avant,

c'est selon...

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 20:55

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c'est immense c'est tellement précieux de les voir réunis car si rare. La Roche Bernard.

c'est immense c'est tellement précieux de les voir réunis car si rare. La Roche Bernard.

Quand les offrandes en ciel les pieds sur terre cela donne des ailes. La Roche Bernard, sa quinzaine des régates.

Quand les offrandes en ciel les pieds sur terre cela donne des ailes. La Roche Bernard, sa quinzaine des régates.

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 20:16

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La Toto de son Nantes, s'arrêta son plaisir de mettre sur papier les souvenirs de la boîte à souvenirs vivants,

et de les regarder à l'instant, c'est encore autre chose que sur l'écran à vivre,

et puis une enveloppe son envoyée déjà pour ses arrière grand parents à ma petite fille, leurs jours sont plus courts vers devant que leurs quatre vingt six années derrière,

et quels bonheurs à l'avance quand ils recevront, des sourires, des graves aussi, sur le papier de vie,

et quelle immense joie de les confier dans leurs mains toutes de vraies, dans quinze jours, pour son grand père du Cameroun, ses parents à ELLE, Imani, ma chérie, mon Imani chachou,

et quels sautillis bien à l'avance que sa valise de retour avec ses précieux tendres trésors, pour eux grand parents si éloignés, de leur petite graine de vie,

et comme c'est bon *levivre, quand au plus près de soi, on peut vibrer d'aimer.

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 19:57

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Et aussi ces lectures sur le foie, car quand on aime aimer, ce n'est pas de tout repos, parfois si souvent hors limites, au delà bien au delà,

regarder son méridien, le suivre d'entre les deux orteils, penser porter des tongs pour activer tout cela, suivre son courant de vie, car le foie c'est *levivre,

une écho de l'abdomen dixit la docteur ce matin, devant la prise de sang d'il y a cinq semaines, c'est une sécurité quand on peut vérifier,

alors l'oeil lit, découvre comme le foie puissant pour se tenir en vie, comme les colères rentrées peuvent faire tant de mal, sans les évacuer, parfois quand on ne peut pas, figé, emprisonné, par alentour néfaste,

leprendresoin de soi a ce coté magique de déjà se purifier, d'être au plus près de soi, le RV ce matin, la liberté totale depuis le réveil du jour, ont cette puissance active d'énergiser des fluides qui circulent de partout,

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mon fils autiste hier au moment du départ, il me fallait prévoir, je devais planifier une sortie le lui dire, dès leur départ, à l'heure dans ses possibles,

et puis en égoïste, j'ai préféré débarrassé, enlevé traces de leurs présences pour ne pas souffrir des manques, et lui, au *on y va, à quelle heure? à 16H. Lui encore il était dans ses moments bénis ses moments de partages dans ses joies d'exister.

Fini de tout ranger à un départ d'aimés, le temps prendra son temps d'évacuer Ensemble, et puis en alentour, tout le contraire fut fait pour faire grandir les turbulences, monter en neiges les blancs de vie, les chocs bien trop puissants abîment tellement...

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on ne peut changer personne, mais on peut soi changer se dire que youpsdestop, ce fut trop de bien trop.

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la vie dans ses leçons dévoile des trucs de vie pour être plus en vie, quand on s'aime vivant...

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et je m'aime vivante, les citrons, betteraves rouges, radis noir, artichaut, oranges, radis, tomates, fruits, légumes et de l'eau, le sucré m'attendra plus, le gras je n'aime pas, mon foie conserve moi mes splitchs mes crackboumhue, la Toto s'aime vivante.

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 16:29

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Les oiseaux chantent, et le coeur s'en remplit pour se battre comme il s'aime, lentement, sans courir, sans inutiles, rien qu'avec la vie, *levivre,

le soleil lumière en cet instant les verts des feuilles, le souffle s'expire d'encore des rudes, pour laisser passer les jolis machins trucs, le sublime,

c'est tellement bon *levivre sa respire, en amour, que le corps apprécie,

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il a presque oublié déjà,

***cette dame sur la place Graslin, un monsieur à côté avec un enfant dans les bras, en marche rapide: " Avec toi, on ne peut rien faire! dit elle à son enfant de deux trois ans...cela m'a glacée!

***cette chaudière réparée en fin d'après midi, plus d'eau chaude dimanche matin, un bruit infernal, même la machintruc de chaudière au bout de son rouleau...mais le gentil monsieur l'a réparée encore.

***cette magnifique verdure volatilisée entre jeudi et vendredi. Le pot resté vide.

Disparues mes chères pousses de yucca et caoutchouc, si grandies, si belles, il faut le faire quand même, prendre un gros pot de plantes, fort lourd, laisser le joli cache pot blanc, et ne pas perdre un grain de poussière de terre sur chaque marche. La vie cette inconnue, ce mystère, ce tellement sans savoir, ou rien qu'un peu, un peu plus chaque jour, pour larguer une connaissance sans cesse remise au goût du jour;

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Le présent une bonté ce jour, alors c'est bon de remercier, cette santé consultée, à suivre, avec l'oeil ouvert, un être c'est fragile.

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 07:45

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Des semaines si lourdes avaient pris en otage ma main, la privant de *l'écrire pour au moins la libérer plus,

c'est délicieux quand l'écriture revient, que le corps se sent libre, même si la vie ne permet pas cette liberté si rêvée,

car déjà mon lieu de *levivre, j'y suis pour y être en amour, et c'est bien, et c'est fort de fort, et c'est vital.

Privé d'écrire, de partager, de vivre, d'aimer... on peut se mourir.

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et viva ce rebondissement...

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Merci pour vos soutiens.

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Texte Libre

Mes écrits, mes pulsations mon âme, mes images, merci de les laisser, ici, dans mon nid d'être.